<link rel="stylesheet" href="/static/CACHE/css/786eacf86bb3.css" type="text/css" media="screen, projection">

People

« Superbonus » : en Italie, la course aux rénovations a démarré

temps de lecture: 8 minutes

« Superbonus » : en Italie, la course aux rénovations  a démarré

Interview de Giovanni Danna

Est dirigeant de Confindustria Ceramica, où il s'occupe principalement des questions liées à la normalisation environnementale (code de l'environnement, IPPC, échange de quotas d'émission, etc.), à la durabilité des produits (ACV, Ecolabel, DEP, critères environnementaux minimaux), à la gestion de l'énergie (devis, interruptibilité, certificats blancs, etc.) et à l'efficacité énergétique dans le secteur de la construction. Il est directeur des opérations de Gas Intensive S.c. a r.l. et membre du conseil d'administration du Consortium Ceramica Interrompibilità, de ICMQ S.p.A., membre du conseil de direction de ICMQ, et participe au conseil de direction de Federcostruzioni. De 2002 à 2019, il a occupé le poste de Directeur technique pour l’Associazione Nazionale degli Industriali dei Laterizi, l'association italienne des industriels des briques (qui fait désormais partie de Confindustria Ceramica). Au début de l'année 2000, il a travaillé à l'ISPRA (Institut supérieur pour la recherche et la protection environnementale) - anciennement ANPA (Agence nationale pour la protection de l'environnement) - où il s'occupait de l'Ecolabel et de la DEP (Déclaration environnementale de produit). Auparavant, (1994-2000), il a travaillé au sein de certaines sociétés (FISIA Italimpianti et FENICE) du groupe Fiat, dans le cadre de recherches visant à la valorisation énergétique des déchets industriels et d'audits environnementaux.

Travaux principaux d'efficacité énergétique, travaux collatéraux, dispositifs d'allégements fiscaux et transfert de crédit : après un démarrage lent, le « Superbonus » promet de donner une impulsion forte au marché de la construction. À cet égard, outre les technologies, les matériaux règnent en maître. Nous en avons discuté avec Giovanni Danna, expert en normalisation auprès de Confindustria Ceramica, l'association de l'industrie céramique italienne.

Le « Superbonus » s'établirait à 8 069 millions d'euros, , dont 1 614 en 2021 et 6 455 en 2022. Telles sont les prévisions du rapport du Cresme (Centre de recherches économiques, sociologiques et du marché de la construction), réalisé en collaboration avec la Chambre italienne des députés et publié en décembre dernier. Le rapport se réfère à un parc immobilier composé de 6 millions de bâtiments et comprenant 19 millions de logements.

 

Ce démarrage lent est dû à un manque de clarté initial, auquel viennent s'ajouter des dispositifs d'allégements fiscaux de plusieurs types...

Actuellement, on peut bénéficier simultanément de nombreux types de primes : un bonus de 50 % pour les rénovations lancé il y a plusieurs années, l'écobonus de 65 %, la prime de façades de 90 % et à présent, le « Superbonus » de 110 %. Toutes ces mesures, dont les objectifs sont différents, allant de l'efficacité à la sécurité, continuent d'être en vigueur et couvrent différents types de travaux. Ces derniers ont fortement bénéficié de la relance offerte par le « Superbonus », dans la mesure où le transfert de crédit et la remise sur facture s'appliquent à tous les types d'allégement fiscal. Dans le cas, par exemple, d'une simple rénovation de la salle de bains et de la cuisine, il est possible de bénéficier de la prime de rénovation de 50 % en accédant au transfert de crédit. La prime à l'eau est une nouveauté de la loi budgétaire de la fin de l'année dernière dont la mise en œuvre est subordonnée à l'approbation par décret ministériel. Elle s'élève à 1 000 euros par contribuable pour le remplacement d'appareils sanitaires et de la robinetterie de salles de bains et cuisines permettant de réaliser des économies d'eau. Cette prime n'est pas cumulable avec d'autres et peut agir séparément, même sans rénovation de la salle de bains et de la cuisine mais dans le cas de remplacement des sanitaires, de la robinetterie ou de la douche.

 

J'imagine qu'avec cette accélération des travaux, le marché de la céramique et des briques s'attend lui aussi à un « rebond ».

Les interventions sur l'enveloppe sont indispensables pour obtenir le « Superbonus » et rétablir l'efficacité des bâtiments existants. Les travaux principaux sont en effet l'isolation thermique des parois opaques et le remplacement des équipements de chauffage existants.

En matière de rénovation des murs de façade, mais aussi des toitures ventilées en terre cuite, les briques ont un rôle déterminant, tout comme les dalles et carreaux en céramique pour la rénovation avec des systèmes ventilés et isolants, ce qui ouvre là des perspectives. Ces produits céramiques sont également largement utilisés dans la rénovation des parties communes des copropriétés, et peuvent faire l'objet de mesures d'incitation fiscales en cas d'installation de systèmes de chauffage par le sol : dans ce cas, la dépose et la reconstruction du sol et de ses finitions sont éligibles aux primes. S'il s'agit d'une intervention de mise en sécurité sismique, tous les travaux, et, par conséquent, les finitions, relèvent d'un allégement fiscal.

Concernant le « Superbonus », les interventions de pose de nouvelles surfaces en céramique entrent dans la catégorie des travaux collatéraux aux travaux principaux.

Même les travaux portant uniquement sur la rénovation, avec un transfert de crédit ou une déduction de 50 % sont inclus dans l'allégement et présentent une grande attractivité pour les clients particuliers. Afin de bien informer son public, ses clients finaux et ses concepteurs, Confindustria Ceramica a lancé sur les réseaux sociaux une campagne sur l'utilisation des matériaux céramique et briques dans les travaux de rénovation.

 

Le « Superbonus » donnera-t-il un nouvel élan à d'autres primes ?

Toutes les primes existantes ont soutenu le marché ces dernières années, mais le transfert de crédit ouvre actuellement de véritables perspectives. Avant cette mesure, le montant des travaux devait être entièrement avancé par le client, puis récupéré sous forme de crédit d'impôt sur dix ans. À présent, cette déduction se traduit par une facture réduite de moitié, voire de ne pas payer les travaux. Il s'agit là d'une mesure extraordinaire. Ces mesures ouvrent par ailleurs de belles perspectives au regard des stratégies de régénération urbaine, pour lesquelles ce large dispositif d'allégements fiscaux servira de catalyseur.